Renaissance d'un blog gelé depuis quelques mois, par manque de temps, et avouons-le aussi par fainéantise.
S'il me fallait un évènement pour remettre le pied à l' encrier, le voici à point nommé : notre retour en terre Vosgienne, pèlerinage annuel dans l'antre du cultissime festival de Gérardmer, qui souffle cette année sa 16eme bougie; cela méritait bien une renaissance de mort-vivant, dans la neige et le sang !
En direct Live de Fantastic'arts donc, pour tenter de livrer mes quelques impressions à chaud, en petites phrases et en photos :
JOUR 1
Le lac de Gérardmer, lugubre image d'epinal et cadre emblématique du festival; toujours aussi beau et inquiètant à la tombée de la nuit.
Des vitrines très hostiles ... C'est pour mieux vous lécher mon enfant !
Un jury qui aligne quelques belles figures pour sa cérémonie d'ouverture : Jaume Balaguero (multi-primé du festival et nouveau pape de l'horreur transalpine), mais aussi Fabrice Du Weltz et Benoit Debie (réal et chef op' de talent !).
Pour le reste, la jeune et l'ancienne garde d'actrices/acteurs français venus justifier le déplacement d'un certain public, pas forcément cinéphile extraverti.
THE BURROWERS (de J.T. Petty)
Le film qui ouvrit le bal ne fut pas des plus enthousiasmant par contre.
Malgré une très belle photo et un casting plutôt solide (essentiellement issu du petit écran), ce western matiné de fantastique s'avérait assez avare en séquences chocs, et finalement plutôt inoffensif au regard de son pitch troublant, narrant les déboires d'un groupe de fermiers dans le Dakota du far west, parti à la recherche d'une fille disparue, et confronté à une force surnaturelle les kidnappant un à un.
Conçu à l'origine comme une mini-série de 7 épisodes, finalement budgété pour le grand écran, ce long, trop long-métrage, cache mal ses carences scénaritiques ainsi que ses problèmes de réécriture; trop décousu pour être hâletant, il finit même par lasser dés la 2nd bobine et ce n'est pas son final bâclé qui viendra relever le niveau.
Manifestement, le réalisateur semble peu s'impliquer dans la charge supposée fantastique de son métrage, trop occupé à livrer un pseudo remake de 'La Prisonnière du désert' (l'hommage insistant à John Ford lorgnant mêle vers la copie calque).Du coup il passe à côté de son sujet et nous à côté de son film ...Comme disait l'autre : au suivant !
JOUR 2
Tombé du lit et propulsé dans la grande salle par un froid glacial (pour preuve, on pouvait faire du patinage sur le lac ce matin), c'est par une ironie du hasard que notre premier film de la journée se titrait 'Sauna'.
SAUNA (de Aj Annila)
Que dire de ce premier film de la sélection qui vient du froid (on en compte une floppée cette année, dont le très attendu 'Morse').
Et bien tout d'abord, une histoire plutôt originale, qui tient même de la résurrection, à en croire les propos de son réalisateur venu l'introduire (le pitch originel, gribouillé par les produteurs, lorgnait apparement plus du côté slasher basique et sans ambition).
Ici le cadre et l' époque nous isolent déjà plus dans un étrange huis-clos ibérique :1595, la guerre qui opposait Russes et Finlandais vient de prendre fin. 2 frères aux caractères antinomiques font partis d'une commission qui a pour but de pénétrer dans des territoires encore inexplorés afin de délimiter les nouvelles frontières entre les 2 pays. En chemin, ils causent la mort d'une jeune russe. Un des frères, rongé par le remord, est alors hanté par le fantôme de la jeune fille. Arrivés dans un village qui n'apparaît sur aucune carte, situé au coeur d'un immense marécage, ils découvrent un sauna immergé, refuge inquiétant et envoutant, où les villageois disent pouvoir laver tous leurs pêchers.
Derrière une photographie somptueuse et des décors au charme crépusculaire, se dévoile un film à la froideur et au sens quasi hermétique.La notion de frontière semble ici s'ouvrir sur un concept bien plus métaphysique, qui diviserait l'âme humaine entre la culpabilité et la recherche de la rédemption, mais tout cela reste vraiment très flou, ébauché par des dialogues énigmatiques et noyé dans un surresthétisme tape à l'oeil.'Sauna' s'avère au final être un film beau mais désincarné, dommage, car avec un tel traitement visuel, on voudrait l'aimer très fort.
GRACE (de Paul Solet)
Peut-être moins léché, mais beaucoup plus habité, le premier film du réal-réac' Paul Solet aura eu le mérite de bien secouer le coeur des festivaliers.Porté par une mise en scène naturaliste et un sujet pour le moins délicat (une femme enceinte veut accoucher malgré la mort de l'enfant), ce film choc sera parvenu à sa fin (électrique) en justifiant ses moyens : une escalade crescendo vers l'horreur pure, trimbalant progressivement le spectateur de l' étonnement à l' éffarement, pour l' amener jusqu'à l' écoeurement.Pari en parties réussi donc,même si le métrage laisse un arrière goût d'inachevé (on attendait un final sans doute plus radical et peut être aussi un traitement plus audacieux), le malaise est quand même tel qu'on ne peut que saluer le résultat (surtout pour un premier effort).Une bonne série B qui s'assume, au delà de ses petits moyens, c'est déjà beaucoup pour des fans de genre en mal de sensations gore.
Le pavé dans la mare : THE LOST (de Chris Siverston)
Premier film coup de poing de ce festival, un ovni filmique présenté hors de la compétition.
Automne 70 (on le suppose) un groupe de adolescents s’échaude à la l’ alcool et autres substance illicites dans le petit bois d'une banlieue américaine. A la tête de ce groupe Ray Pye, un jeune à l'allure rebelle et au caractère très instable. La soirée dégénère bientôt, et Ray, armé d'un fusils, tire sur deux adolescentes avec un cruel aplomb. Rapidement, Ray établit alors un pacte avec ses témoins de forfait, pour qu'aucun d'eux ne révèle les atrocités commises ce soir là. Quatre ans plus tard, les soupçons circulent toujours autour du chef de bande.
Précédé d'une incroyable réputation (véhiculée essentiellement par tous les fanzines et webzines de genre), The Lost avait déjà de quoi faire saliver sur le papier.Lucky McKee (May) annoncé à la production et avoué co-réalisateur de certaines séquences, adapté d'un sulfureux roman de Jack Ketchum (le nouveau Stephen King) et surtout un rapprochement ouvert dans sa note d'intention au cinéma hardcore des 70ies (Straw dogs, Orange mécanique et Taxi Driver en ligne de mire), on attentait donc furieusement de voir ce que ce teen-flick mordant et déviant allait donner sur toile.Le résultat s'avère scotchant ! Superbement écrit (les lignes de dialogues sentent l'influence croisée de McKee et Tarantino à pleines narines) et diaboliquement monté (certaines scènes sont des bijoux de mise en scène), le film (clairement sous influence et sous acide aussi) de Siverston vaut surtout pour son charismatique personnage principal, incroyable Marc Senter (une révélation) à mi chemin entre Brian Molko (pour le look) et Joachim Phoenix (version pitbull, pour le jeu).Ultra violent mais brillamment décadant, cet inédit est une petite perle coupante montée sur peloche.La B.O. feaky-sixties de Kaada parachève l’atmosphère sulfureuse de ce directo vidéo bien secoué : Ipecac rules !
Le retour des filles dans le rock, avec plein de talent dedans !
Aaaah, quand les femmes s' en mêlent, c'est toujours plus savoureux.
De bonnes découvertes ces 3 dernières semaines, qui m' ont régalé les esgourdes et qu'il serait inhumain de ne pas étendre au partage (Vox est là pour ça non ?).
Kate Nash tout d'abord, qu'un ami (connaissant mes goûts (r)affinés) m'a mis entre les feuilles en me la décrivant comme la rencontre entre Lily Allen et Regina Spektor.Il est vrai qu'il y a de cela et plus encore dans le coffre, les doigts et la sève de cette jeune artiste dublinoise, qui écuma les bars Londoniens avec un répertoire de reprises avant de se forger une réputation galopante par le bouche à oreille myspace.Il faut dire que sa jolie voix qui rebondit avec aisance sur des arrangements tantôt pop, tantôt folk, tantôt soul, ne laisse vraiment pas insensible et la voir en image décoche des flèches droit au coeur, pour preuve :
La miss (qui ne fait désormais que des shows 'sold out' en terre anglaise), sera de passage au Point Éphémère à Paris le 27 de ce mois.Un rendez-vous à ne pas manquer, car il est évident que son prochain retour par chez nous se fera dans une salle beaucoup moins confidentielle.
Autre découverte, autre virtuose naissante, et pas des moindres, Jesca Hoop, songwriteuse californienne qui pratique un dérivé de folk atypique (un genre émergeant, et aujourd'hui étiqueté 'psyché-folk', établi sur les déviances sonores de Coco Rosie et Feist).Jesca se distingue par son univers musical à la fois dépouillé et envoûtant.Tout ne part que de quelques notes, évolue de façon crescendo, avant de se transformer en véritable voyage sensoriel, guidé par les reliefs ondulés de son timbre caressant.Quand on y a goûté, difficile de s'en détacher et pour s'en convaincre, même les vidéos amateurs, de qualité approximative, font leur effet :
Après le calme et la douceur, la fièvre et la tempête; comment dans un sujet titré 'Girl Power' ne pas évoquer la rafale de groupes féminins qui sévit actuellement dans les charts undergrounds et sur les dancefloors, et qui ressuscitent avec fougue le mouvement riot grrrrl et féministe (un temps muselé).Inutile de faire ici l' éloge de The Gossip, LA référence du moment (avec The Bellrays, son alter-ego trempé dans l' ébène).Ce trio de l' Arkansas emmené par la sulfureuse Beth Ditto, une frontwoman au charisme bulldozer, aux formes ravageuses et au groove pulmonaire, fait dans le haut de gamme, sur skeud comme sur scène.Si le groupe était sorti 30 ans auparavant, les pontes de la Motown auraient vendu père Marvin et Mère Ross pour s'arracher un tel phénomène.Car ça vous remue le bassin aussi virulemment qu'une envie de faire l'amour; normal, cette musique là c'est de l' oestrogène bien frappée qui se plante direct' en intra-veineuse.
Le clip old school qui m' a fait craquer et acheter le vinyle (car ça messieurs-dames, ça se bouffe en tours de sillons !) :
Oui, mais tant de bonheur, c'est quand même trop peu ... Alors quoi d' autre ?!
Hé bien You say party, We say die ! devrait ravir les amoureux du groupe sus-cité, car on y retrouve la même énergie, la même éloquence et la même envie d'en découdre avec la pop trop sage par des dérapages incontrôlés.
Des hymnes qui font se confronter la hardiesse du punk et des mélodies disco, ils fallait oser, ces 5 canadiens l'ont fait, ressuscitant dans le même temps le moog, les fantômes de That Dog et des Breeders, la dance-touch en plus.
Déjà testé et approuvé pour ma part sur scène, comme dirait l' autre : 'c'est de la balle baby !
Impossible de partir en faisant l' impasse sur la scène hip-hop, où les Northern Sate fomentent une semi-révolution artistique.
Loin des Lil' Kim et autre Missy Elliot dont le discours se limite trop souvent à de l' anti-machisme, il y a chez ce trio féminin New-Yorkais un vrai talent dans l' écriture et le jonglage des mots qui rappelle Luscious Jackson.
L' engagement politique est virulent mais pas dénué de second degrés.Ca se nomme de la finesse d' esprit, tout simplement.L' alternance des chants est parfaite et le travail des sons imparable ( faut dire aussi que l' album est produit par Chuck Brody qui s'est déjà frotté au Wu Tang Clan et Adrock des Beastie Boys).Mike Patton ne s'y est pas trompé en les signant sur son label à la charte artistique très sélect'.
Voilà pour cette fois, mais gare aux louves, elles ne restent jamais cachées dans les bois très longtemps.
BigBuz
O live R
Une petite note pour vous recommander chaleureusement le site Scopia (où je butine pas mal), qui s'est fixé pour objectif de faire le tour des meilleurs scores des années 60/70 (y'a du boulot) en faisant des excursions du côté de la musique contemporaine, lounge et funky-jazz (car tout est lié !).
Beaucoup de Morricone donc (tout est normal), beaucoup d'autres découvertes aussi (et ceux qui n'ont pas de platine vinyle risquent de se mordre les doigts, car tout n'est pas encore réédité).
Mais le tour d'horizon vaut le coup d' oreille (on y croise des samples à chaque page) :
http://perso.orange.fr/scopia/soundtrack1.html
Buz
O live R
Après deux années de fermeture pour cause de rénovation, la Grande Halle de la Villette avait choisi de rouvrir ses portes en fanfare le 29 août dernier en accueillant le quintet new-yorkais Sonic Youth en ouverture de la nouvelle édition du festival Jazz à la Villette.

Si on ne cesse de le clamer, si on fait l' effort (financier) de se déplacer, ce n'est pas par snobisme, mais bien en connaissance de cause : les concerts de NIN à Londres sont toujours 10 fois mieux qu' à Paris.
Pour tout un tas de raisons en fait : parce qu'ils ont généralement lieu à la Brixton (la meilleure salle d' Europe …?), parce qu’ils baignent dans cette ambiance si particulière (ça chante à pleins poumons sur chaque titre, et pas du yaourt S.V.P. !), pour l’implication des fans (il fallait voir le nombre de patches, T-shirts, et autres flyers affichant le nouveau logo-slogan fédérateur du groupe, ‘Art is resistance’, confectionné minutieusement (avec amour) par une bonne partie du public Londonien), pour le côté folklo' des fosses, tout en démesure (des filles presque nues ou parfois surlookées façon SM, tantôt coiffées de perruques de magistrat ou encore tout poitrail dehors ‘I got vaginalism’ bariolé sur les seins), pour les vigils, ultra pro’ et sympathiques (qui se font régulièrement prendre en photo avec les fans, discutent et déconnent avec les premiers rangs, en exhibant leur tatoos), pour l' attitude du groupe, et surtout celle de Trent Reznor (qui aime l' Angleterre et le fait bien sentir : une salve de pré-shows, des clés USB à gogo balancées dans la Brixton dès le 1er soir, des set-list étoffées de morceaux rares voir inédits et des durées de concert plus longues, sans parler des échanges avec le public plus prononcés).
Une fois encore (après le mémorable double-daté de 2005 toujours dans nos mémoires), on a pu vérifier cette vérité : NIN sur la scène de la Brixton Academy, ça déchire tout !

Au plaisir de retourner une fois encore en terre étrangère, vint bien sûr s’ajouter celui des retrouvailles avec l’amie Alex, qu’on ne voit que trop peu souvent, surtout maintenant qu’elle s’est installée à Cambridge avec son cute boy-friend.
Et quand on partage des moments forts entre amis, forcément, ça décuple l’ émotion liée à l’ évènement.

La première date à la Brixton fut également l’occasion de faire connaissance avec la charmante Olivia du groupe ninfr, que je salue au passage pour ces sympathiques moments passés à nos côtés dans la queue (dommage que tu n’aies pas pu assister au concert en fosse avec nous la miss, ce sera pour une prochaine).
Pour l’essentiel, 3 big shows (enfin, 3 pour nous, mais 4 en tout ... Sans aucun regret, car le dernier ne fut pas le plus plébiscité sur les forums anglais, et on imaginait d’ ailleurs mal une meilleure suite à l’ apothéose du samedi soir); 3 set-lists globalement très différentes, avec leur lot de surprises (Trent descendra dans la fosse dès le première date, brandissant un spot à bout de bras pour arroser la foule d'un jet de lumière; il interprètera 'The beginning of the end' en exclus’ le second soir, au milieu d’un set plus varié, mais un cran en dessous qualitativement je trouve, car alignant des morceaux fortement dispensables, comme l’indigeste ‘Deep’, ou encore le galvaudé ‘Down in it, et mettra toute la pression dans un troisième show dantesque d' 1h45, fortement orienté 'Downward Spiral', agrémenté d' un nouveau bain de foule).
Ce que je retiendrai prioritairement des performances, c'est l' extraordinaire énergie déployée par le groupe.Peut-être une manière de se faire pardonner de l'annulation du 2nd show de Birmingham; Reznor adressera d'ailleurs ses excuses au public dans la première ½ heure du concert le 7 mars et avouera aller un peu mieux sans avoir totalement retrouver ses capacités vocales.
Pourtant il donnera tout sans se ménager, s'arrachant la voix par moment (faisant craindre le pire pour les shows suivants) et accusant de légères marques de faiblesse sur 'Hurt' (teintée pour le coup d'un fragilité touchante).
Pour autant, aucune baisse de régime durant ce 1er concert, clôturé dans les bleus et dans la sueur, la banane aux lèvres.
Nous étions devant Aaron ce soir là : le chien fou exultait, faisait virevolter sa guitare, grimpait sur son ampli, et 'jumpait' autour de Trent (avant de finir dans la fosse); Trent qui l'ignorait tel un maître impassible (plutôt enclin à faire des duels de cordes ‘face to face’ avec Jordie), le premier soir seulement, car les deux dates suivantes (où nous étions successivement face à Reznor et Jordie), Trent alla à 2 reprises enlacer Aaron par le cou, à notre grand étonnement.


Comme s’il voulait à nouveau afficher une unité de groupe, et asseoir l'idée que sa machine de scène (contrairement à ses travaux studios), est bien l'oeuvre d'un collectif.
Peut-être était-t'il simplement 'boosté', fiers de jouer devant public Londonien déchaîné (ça slammait à tout va, beaucoup + qu'à Panam, Trent pointa même du doigt un slammeur arrivé dans la fosse aux photographes en signe de reconnaissance).
Sur les 3 soirs, j'ai pris 2 coups de docs à l’ arrière du crâne et rencontré une poitrine inconnue en guise d'airbag; Mémo, elle, était littéralement compressée contre la grille mais tout sourire (comme Alex d’ ailleurs), elle a vu voler une goth à moitié à poil au dessus elle, glissant de bras en bras dans un collant suintant, elle a aussi du lutter pour entendre Trent chanter le 2ème soir en faisant abstraction des beuglements d'un Viking irlandais ((?) … Vu l’accent pourri, certainement), un acharné, parvenu au premier rang gauche en jouant des coudes.
Nous avons réussi à avoir la grille les 3 soirs, en grugeant lamentablement je l'avoue, profitant de cette discipline très anglaise qui empêche viscéralement tout bon british qui se respecte de protester lorsque vous le doubler dans la queue.
Il faut dire que l'organisation des files d'attente à l'extérieur laissait vraiment à désirer, contrairement à Paris.
La raison étant qu’à la Brixton Academy, il est très difficile d’organiser 2 queues comme à l’Olympia (où la séparation entre la file normale et la file des membres du fan-club de la spirale était bien définie), car le trottoir où se fait habituellement l’attente est bordé de logements (d’où peuvent se faire occasionnellement des sorties de véhicules) et l’autre flanc de la salle donne sur une rue commerçante.
La file des spiraliens était donc mise en place par les types de la sécurité 1 heure seulement avant l’ouverture des portes, le long de cette rue commerçante justement (une fois les boutiques fermées ou peu avant leur fermeture).
Randy (notre miss Spirale, chargée de rapatrier les membres) tentait donc de faire en sorte que l’ordre d’arrivé des spiraliens soit respecté dans la 2nd queue, en nous faisant déplacer par petits groupes d’un point à l’autre.
Mais évidemment, les mouvements de masse se faisait de manière anarchique, et il était extrêmement facile de gratter honteusement des places en se replaçant dans la nouvelle queue ou en arrivant comme une fleur à l’horaire migratoire.
Autre point noir, les spiraliens étaient plus que majoritaires dans la queue générale, pour ne pas dire prédominants ... Et tous des membres premium ! Ce qui rendait la tâche de Randy vraiment ardue (il n’ y avait d’ailleurs qu’ à observer son sourire crispée pour s’ en rendre compte).Sans doute pensait-elle déjà, dès le premier soir, au bordel que cela aller être si jamais Trent décidait de nous faire une fleur.
Et ses craintes étaient fondées, autant que nos espoirs.
Frustrés de n’ avoir rien eu en apéro le daté 7, nous espérions effectivement que le lendemain serait le jour J, où nous pourrions enfin profiter des fameuses vertus d’ un abonnement à la spirale (moi, peut-être moins que les 2 filles, car j’ étais simple guest sur ce coup là ... Hé, Hé !), j’ entends bien sûr par là, une gâterie autre que celle de pouvoir pénétrer en premier dans l’ enceinte de la salle (car autant dire qu’ avec autant de spiraliens au m² devant la Brixton, ce privilège n’ en était plus un).
Nous voici donc à 15h00 le jeudi 8, devant la Brixton, l’ air dépité de voir une queue déjà longue de 200 mètres formée devant l’ entrée, et toujours pas la queue d’ une spirale.
Shit ! Ils dorment là où quoi ces chacals ? ...
Un bref briefing à 3, on décide d’une stratégie établie sur l’ expérience de la veille.
Inutile de faire la queue comme de bons samaritains, on se poste devant la billetterie, là où s’ était formée la queue spirale le mercredi.
Isolés des autres, on attend donc sagement, mais un peu flippés de rater un truc, donc je décide de faire des aller-retour pour m’ assurer que Randy ne débarque pas.
Lasser au bout d’ 1/2 heure de rode, je décide carrément d’ aller derrière la Brixton pour voir si Trent ne boit pas une bière en catimini, loin des regards.
Et derrière, ça s’ agite en effet ... Sûr qu’ un truc se prépare, car un molosse de la sécurité à l’ entrée des artistes me mate de travers, et semble même m’ inviter du regard à déguerpir ... Ce que je fais.
Là, je repasse devant la fin de la queue des fans, et au loin j’ aperçois Randy, avec des sacs plastiques en mains, qui semble donner des instructions aux premiers membres de la file.
Mon rythme cardiaque s’ affole, je trace vers le début de queue, j’ arrive au niveau de Randy, je dérobe ses paroles au vol : ‘Ok guys, we have something special for you today ...’, j’ entends un fan à mes côtés lâcher hâtivement un :‘God, a fuckin’ soundcheck !’.
Putain, je choppe mon portable et j’avertis les filles qui rappliquent ni une, ni deux.
Pendant que Randy nous donne les directives, on s’ incruste méchamment (‘french’ement !) dans le premier segment de la file.On doit mettre nos téléphones portables et appareils photos sous sacs plastique, avant d’ entrer dans la Brixton, sacs que l’ on devra remettre par la suite à la consigne.
On croit dur comme fer au soundcheck à ce stade, sauf qu’ une fan ose poser directement la question à Randy, qui répond par la négative.
Alors quoi, une pré-écoute de ‘Year Zero’ ? ...

La fouille des garçons étant plus rapide que celle des filles, je suis l’ un des premiers à rentrer dans la salle.
Là, nous sommes accueillis pas une longue table garnie de parts de gâteaux, barres chocolatées, sandwiches, thé et chocolat chaud, service compris.
Je vois des types filer illico vers les toilettes (clés USB oblige), je les suis (nous sommes les premiers à fouler le sol de la Brixton, donc ça ouvre des chances), mais en vain.
Quand je ressors, je vois déjà des gens attroupés devant la barrière, et les filles qui me font le reproche de ne pas m’ y être mis moi aussi.
Je n’ y voyais pas notre intérêt, vu que le soundcheck n’ aurait pas lieu.
L’intérêt, c’est que quelques minutes plus tard, Aaron et Jordie débarquent sur scène :
‘ Salut, merci à tous d’ être là, on espère que vous appréciez l’ accueil; on avait pensé vous amener des pizza, mais on s’ est dit que le thé et les petits gâteaux seraient plus appropriés (rires).Désolé les gars, il n’ y aura pas de soundcheck, je sais que c’est ce que vous attendiez.
Mais on a cependant un cadeau pour vous, vous allez pouvoir écouter en avant-première NOTRE nouvel album (une formule passablement ironique, lorsqu’on sait que la veille Reznor avait introduit ‘Survivalism’ dans le set en disant : ‘ voici un morceau de MON nouvel album qui sortira en Avril’).’
Nos 2 compères se marrent et sortent de leur poche un lecteur MP3 qu’ ils nous collent devant le micro.Le rire se propage alors dans les rangs de la spirale. Puis, par un salut de la main Aaron et Jordie s’ éclipsent en coulisse sous une salve d’ applaudissements.
10 secondes de calme, les fumigènes se mettent en route comme pour simuler une entrée de scène ... et la tempête retentit soudain dans la salle, c’est le premier titre de ‘Year Zero’ qui pète comme un geyser volcanique à travers les 2 enceintes mastodontes suspendues au plafond de la Brixton.
Les 50 minutes qui suivront ce démarrage en force seront pour moi mémorables, et même magiques par instants, malgré un son quelque peu hypertrophié.
Plongée dans le noir, à peine éclairée par des spots violets et des néons rouges, la Brixton noyée dans un brouillard crème se fait le théâtre d’ une rencontre fusionnelle et sensorielle totalement inédite, incroyablement excitante; celle d’ un album longtemps fantasmé avec son plus digne auditoire, un public de fans partageant le même amour pour les sons composites et torturés, physiquement figé dans le temps (le temps d’ une écoute), bouche baie, pupilles dilatées, attentif au moindre distorsions, sourire au lèvres, regard fuyant vers une diagonale sans but pour s’ isoler parmi les autres, ou au contraire clins d’ oeil fédérateurs au voisin lorsqu’ un morceau suscite le même frisson; nous étions là, les spiraliens et affiliés, réunis comme les doigt d’ une seule main, galvanisés par cette joie d’entendre la nouvelle création electro-hybride de notre idole à tous, unis dans une même ivresse derrière l’ une des dernières icône rock ayant encore véritablement quelques chose à nous faire ressentir.
Il fallait vraiment vivre cet évènement pour en capter toute la magie; elle est ici très difficile à retranscrire car elle se résume à des petites choses qui ont eu un grand impact sur le moment, mais peuvent paraître futiles lorsqu’on les relate.
Voir des fans allongés sur le sol, les yeux fermés, les mains sur le ventre, pour s’ imprégner littéralement de la musique; en voir d’ autre onduler leur corps dans l’ombre et danser sur eux-même de manière sensuelle, au son d’une musique jusqu’ici inconnue et pourtant déjà si familière; voir enfin des couples se tenir la main, sans un mot, et laisser la musique opérer le rapprochement des sens ...
Il n’ y a pas de mot pour décrire cela; c’est quelque chose que même un appareil photo n’ emportera pas, quelque chose d’ extrêmement intime qui restera à jamais gravé dans nos mémoires.
Les pièces musicales qui coulèrent durant cette écoute m’ auront fait l’ effet d’une renaissance artistique.Très éloignées du formellement basique (et décevant) ‘With Teeth’, la multitude de couches musicales qui structurent certains des nouveaux morceaux rappellent la grande époque ‘Downward Spiral’, avec une approche du son radicalement plus synthétique qu’ organique, mais tout aussi ambitieuse.Ci-et-là, j’ai également perçu l’ influence de la nouvelle école éléctro-expérimentale, avec des débordements labellisés Warp sur les passages instrumentaux.
La fin de l’album s’ ouvre sur des sonorités plus introspectives, le piano reprend sa place, mais c’est un piano malade, suffocant, qui renvoie aux battements de coeur de ‘Still’.Au milieu de cette leçon d’ histoire, d’ autres titres se chargent d’ une saveur totalement neuve.
Finalement, les premiers extraits lâchés en clés USB et relayés sur le net, coupés de leur contexte, apparaissent plutôt peu représentatifs de ce que sera véritablement ‘Year Zero’ dans son ensemble et sa continuité.Un album qui s’ apprécie d’ une traite (à l’ instar de ‘The Fragile’).
Complexe et nuancé, d’ une froideur viscérale, faussement accrocheur et parfois véritablement angoissant, ballotté entre la déstructuration extrême et l’ harmoniquement beau, voilà comment je qualifierai le nouveau Nine Inch Nails.
Alors bien sûr, on aurait souhaité prolonger le rêve NIN encore bien au-delà de tout ça; on a bien failli d’ ailleurs, car il était effectivement prévu que nous assistions au soundcheck le samedi après-midi.Alex nous avait rejoint dans cette optique (alors même qu’ elle n’ avait pas sa place pour le soir); on y croyait, le pire certainement dans l’ histoire, c’est qu’ on avait raison d’ y croire.
Mais Trent est certainement l’ artiste le plus lunatique de cette planète, sans doute aura-t’il lâché pour X autre raison, 30 minutes avant le moment tant fantasmé : ‘I changed my mind’...
Déçus, un peu certes (les promesses non tenues, ça fâche), mais au regard de ce que nous avons vécu jusque là, on ne peut se sentir lésé non plus.
C’ était une expérience LIVE sans commune mesure, avec une cerise sur le gâteau en milieu de course.
Si jamais NIN repasse par la Brixton, vous savez désormais ce qu’ il vous reste à faire ... Nous en tout cas, on y sera !

March 7 London

Somewhat damaged
Last
Heresy
March of the pigs
Piggy
Ruiner
Closer
Burn
Gave up
Help me I am in hell
Eraser
Wish
The big come down
Survivalism
Only
Suck
The day the world went away
Hurt
The hand that feeds
Head like a hole
Les moments forts :
Arrivée en pleine lumière sur ‘Somewhat damaged’, comme à l’Olympia.
Trent descend dans la fosse sur 'Piggy'; Aaron se paye un jump pleine foule (il y laissera une partie de sa gratte)
‘Burn’ est chanté à pleins poumons par la salle.
‘The day the world went away’, comme toujours magnifique en live sur cette tournée.
‘Eraser’ avec un light show différent de celui de Paris.
March 8 London
Pinion intro
Love is not enough
Sin
Terrible lie
March of the pigs
Something I can never have
The frail/the wretched
The beginning of the end
Closer
Deep
No, you don’t
Gave up
Help me I am in hell
Eraser
La mer/into the void
Survivalism
Wish
Down in it
Hurt
The hand that feeds
Head like a hole
Les moments forts :
La pré-écoute de 'Year Zero' avant le concert.
'The Begining of the End ' en exclus lulu !
Trent allant côtoyer Aaron et l’ enlaçant en milieu de set.
Le diptyque ‘La mer/into the void’, instant magique : Trent au piano, Aaron assis sur son ampli, tout deux éclairés chacun par un spot de couleur différente.
‘Hurt’, la plus belle version des 3 soirs :Trent a retrouvé sa voix, claire et sensuelle.
Ses poses se font très suggestives.
L’ attitude globalement plus fun de Jordie.
'Eraser' LIVE video by lamialex (c) / Brixton Academy, 03/08/07

















March 10 London

New flesh intro
Mr self destruct
Piggy
Heresy
March of the pigs
Closer
The becoming
Last
Help me I am in hell
Eraser
Reptile
La mer/into the void
No, you don’t
Survivalism
Only
Wish
Gave up
Dead souls
Hurt
The hand that feeds
Head like a hole
Les moments forts :
Alessandro rejoint Ladytron (le groupe d’ ouverture) sur 1 titre.
Sinon, pratiquement tout le show était mémorable : le groupe était à 100% tout le long, on croyait vivre une fin de tournée.
‘Mrs Self destruct’ d’entrée de set (alessandro enfile sa guitare pour l' occase) et le défilé ‘Downward Spiral’ qui s’ en suivra (80% de l’ album mythique de NIN sera joué ce soir là).
La remarque de Trent : ‘Il me semble reconnaître des têtes familières ce soir’.
Trent re-descend prendre un bain de foule sur 'Piggy'.
Il me balancera par deux fois une bouteille d’ eau (l’ une par pur hasard, la seconde parce qu’il aura entendu mon appel ... Nos regards se seront même croisés).









Deux semaines seulement après son passage à l' Elysée Montmartre à la tête du combo pop Peeping Tom, quel plaisir de voir resurgir Mike Patton dans la grande salle de la Citée de la musique au sein d' un projet radicalement différent : Moonchild.
Derrière ce nom mystique, la nouvelle réalisation baroque produite par l' illustre compositeur de Jazz prolifique et torturé, John Zorn, réunissant 'THE voice', son acolyte Trevor Dunn et le frappeur de toms Joey Baron, du Bill Frisell Band.

Sophistiqué et belliqueux, inspiré des poèmes païens d' Aleister Crowley, des rituels shamaniques et de la sorcellerie, l' album de Moonchild (2ème volet d' un triptyque auquel fait pour l' instant suite 'Astronome') se revendique clairement dans sa démarche autant que sans son approche musicale comme une oeuvre difficile d' accès et réservée à un public averti.
Pourtant, nul doute, à en juger par les départs successifs et réguliers d' une certaine catégorie du public (les plus âgées, pour ne pas les nommer), que tout le monde n' était pas totalement averti de ce qui allait se dérouler.
Un douloureux effet de surprise peut-être à imputer aux organisateurs de l' évènement, qui avaient initialement vendu la manifestation sous le nom d' Hémophiliac (collectif réunissant Patton et Zorn mais autour d' une musique plus soft).
Car John Zorn n' apparaîtra quasiment pas sur scène (juste le temps d' un rappel), tapi dans l' ombre et réduit au simple rôle d'ingé-son.
Contre une certaine attente faussée (beaucoup s'attendaient à voir un ersatz de Painkiller : un saxe en délire couplé d'un chant hirsute, malmenés par des guitares), nous avons eu droit en lieu et place de cette collaboration physique manquée au Patton-Show dans toute sa splendeur, sa variété et son jusqu'au boutisme.




Seuls les fans inconditionnels, dont je fais partie, avaient du mal à garder leur calme (les accoudoirs des fauteuils s' en souviennent encore) et à retenir leur souffle, gonflés de bonheur par cette incroyable sensation de voir une version alternative de Fantômas (amputé de Buzz mais dopé par un Patton hystérique et totalement décomplexé : enfin, il arrache son T-shirt et se roule par terre, cherchant même à se faire vomir !!!!).
Occupant l' espace scénique comme jamais, fiers de ses débordements gestuels et corporels qu'on lui connaissait mais pas avec une telle intensité, le maître chanteur a déployé toute la palette de son répertoire vocal (des verbiages sensuels susurrés, à peine audibles, jusqu' aux cris en forme d'exutoire, lâchés avec une absolue énergie).
Cette démonstration de force pulmonaire, pour peu qu'on se soit laissé happé par l' expérience, fut extraordinairement cathartique et même (en ce qui me concerne) mimétique (je n' ai jamais autant singé mon idole, vociférant en silence).
Au delà de la claque auditive, ce concert fut pour moi une formidable leçon d' histoire; une belle leçon oui, qui certainement pour la première fois depuis des lustres suffit à légitimer à mes yeux le Split d' un des plus grands groupes des années 90 : Faith No More.


L' écurie Tzadik (fondée par Zorn) a longtemps été (et continue d' être) pour Mike une formidable source d' inspiration, autant qu' un laboratoire pour ses expérimentations les plus folles (c'est d'ailleurs là qu' il fera ses armes de brailleur talentueux et sortira ses performances solo).
On peut même dire sans conteste que c'est cette école qui lui aura mis le pied à l' étrier de la prod'; désireux à l' époque (à l' instar de son mentor sus-cité) de créer son propre un label.Une 'famille' qui ferait fi de toute politique mercantile et donnerait libre cours à des musiques aux styles anarchiques mais artistiquement poignantes.Comme un fait exprès, avec le glas de FNM (une machine commercialement trop bien rôdée pour permettre à Mike de survivre sur le long terme), vint la naissance d' IPECAC et dans la foulée celle de Fantômas, première signature du label et grand frère (modèle) de ce jeune Moonchild, aujourd'hui livré en offrande au perfectionniste Zorn, qui a toujours cherché à pénétrer le monde du rock en empreintant les voies expérimentales du Jazz.
La boucle est donc bouclée.


Pour les curieux, un segment vidéo chez mon alter-ego ![]()
BigBuz

Après un si long silence, me voici de retour sur le CuteKad', non pas tant pour faire entendre ma propre voix que celles des autres; celles qui ont chahuté plusieurs de mes nuits sur une période assez étendue, et dont je garde de violents souvenirs.
Encore ballotté par des tornades de sons à couper le souffle, si puissantes qu' elles m' auront même empêché d' atteindre mon clavier pour les bloguer ...
Revigoré au barouf du non-stop LIVE, tantôt pour des retrouvailles de courte-date, d' autres fois pour de grandes découvertes, toujours la tête sur l' avant-scène, les tympans fulminants, je reviens tout sonné, fier rescapé de l' Odyssée du ramdam.
Rapport de 'stage' :
ISIS - La Maroquinerie (18 juillet 2006)

Depuis les tremblements de coeurs occasionnés lors de leur venue à la Loco en 2005, la simple évocation du nom de ce groupe me fait désormais dresser le poil.
Sans doute parce qu'il faut considérer comme acquis que les performances live d' ISIS n'ont rien de simples concerts (même hors norme), mais procèdent véritablement de élévation de l' âme au-delà du mur du son.
En effet, chaque pièce musicale qui défila au grès du set cette nuit-là, se gorgeait d'une émotion brute et viscérale, décupplée à mesure que de nouvelles strattes vennaient l' enrichir et la moduler, pour au final élever le tout vers une autre dimension ... Indescriptible ... Purement sensitive.
De mémoire d'auditeur, je ne me rappelle pas avoir autant succombé à l'écoute de la musique d'un groupe depuis la découverte de celle de Nine Inch Nails dans sa pèriode phare.
Et si j'en tremble, c'est sans conteste parce que ces hymnes chargés et féconds ont sur moi l'effet d'une drogue dure; le verdict est sans appel : ISIS, love you to death !







PEEPING TOM - Elysee Montmartre (8 novembre 2006)

Le maître chanteur Patton, derrière son micro perché, nous tint à peu près le langage d' un Robbie Williams sous-acide sur la scène de l' Élysée ce soir là (l' organe et le savoir-plaire en plus).
Peeping Tom, formidable machine à faire des tubes racés, élevé au rang du star-système en un seul album par un retour de presse élogieux, n' avait pourtant pas su rassembler son public (l' organisateur Garance, ayant cherché a déplumé les fans par un tarif prohibitif); au delà de ce bémol, la performance délivrée fut au delà de nos plus folles espérances : incroyablement percutante ! Une prouesse lorsque l'on admet que les qualités majeures de l' album repose sur un énorme travail de prod.
Le meilleur palliatif à l' absence de défilé de guests sur scène, fut sans conteste le choix judicieux du line-up.
Dub Trio pour l' instrumentation, carrés comme un coin de table; la sensuelle Imani Coppola, violoniste et soul-woman habitée, très blax-ploititude; Sir Razhel, incroyable dans son rôle de human-beat-box des podiums et Dj Sharp pour les mixes et l' enrobage funky.Dominant cette fine équipe, par un charisme et un panache sans commune mesure : el maestro Mighty Mike, fédérateur de tout public (même novice), fort de sa voix polychrome et de son incroyable jeu de scène, a rappelé à nos mémoires les meilleures heures de Faith No More et même le fantôme de Marvin Gaye ... Yeeep' (comme disait Raza), rien que ça.






MADE OUT OF BABIES - Nouveau Casino (19 novembre 2006)

'The nightmare before christmas' version hardcore, vous en cauchemardiez, Julie X-mas l' a laché sur la scène du Nouveau Casino.
Exit le look gothico-baroque (coiffure ondulée et corsé cintré) arboré lors de son précédent passage dans la coque du Batofar; toute hargne dehors jusque sur son faciès atrocement peinturluré, façon 'post-rape', Julie s'affiche désormais cabossée avec une allure branque et une humeur fiévreuse.
10 kilos de plus dans les poignets de haine, une bouteille de vin rouge thrombose qu' elle ne quittera pas de la soirée, et un accoutrement à faire pâlir les L7 grande époque : le public aura du essuyer un 2nd round beaucoup plus malsain encore que lors de la première visite médicale.
Le ton était donné d' entrée, le show qui fit suite fût un matraquage en règle ... En charge de défendre leur dernier ouvrage produit par l' immense Steve Albini, les Made Out nous ont servi la sauce tabasco chaude et avec des grumeaux. Aïe ! C'te calotte ! ...






NICK OLIVERI - Nouveau Casino (20 novembre 2006)

Aucune émeute pour célébrer le grand retour sur scène de l' ex-bassiste des Queens Of The Stone Age au sein de sa nouvelle formation, Mondo Generator !
Un comble : raté promotionnel ? public frileux ? rancune tenace ? ... Vas comprendre Charles, la salle n'était qu'à moitié pleine, mais ceux qui étaient présents ont rapidement compris qu'ils avaient raison de l'être.
Et big-Nick leur a bien rendu cette politesse, en sortant la lourde artillerie stoner : du bon gros rock, griffé seventies, rude et terreux, abrasif comme une scotch-brite sur toile de verre.
La boule rasée, le bouc en fleur, tout tatouage dehors, cramé sous un light-show flamboyant, et talonné par des zicos bien rodés,le diable Oliveri a aligné ses titres tueurs comme des pintes sur un comptoir de bar à putes.
Heureusement les cris hystériques et les pogos généralisés ont vite suffit à combler les trous.J' en étais tellement sonné, que je suis resté à l' after-show pour lui bouffer le crâne à cet Atila des planches.






DON CABALLERO - Batofar (24 novembre 2006)

Dans le paysage rock d' aujourd'hui, que reste t'il de l' héritage sophistiqué du roi Crimson et de la virtuosité folle des Zappatistes ? Plus grand chose me direz-vous, à part peut-être l' élève doué Mars Volta.
Et bien non, les Don Caballero sont aussi là pour jouer les farouches vilains rejetons du son alambiqué.Envers et contre toute facilité, ils y vont de leur déballage de pure technique phonique, pour rassasier les esgourdes des auditeurs les plus exigeants, en servant des plages musicales denses et morcelées, magistralement orchestrées de baguettes de maître révolutionnaire par le Che Damon (sans doute l' un des meilleurs frappeurs en activité aux côtés de Danny Carey,Lombardo et Mike Portnoy).
Beaucoup de personnes furent dépassées (et donc forcément agacées) par tant de technicité, les autres, fascinés par cette classe d' un autre temps, en ont presque oublié leur perte d' audition.






Allez, en attendant la prochaine livraison, dormez bien sur vos deux oreilles (enfin, si vous êtes physiquement en mesure de le faire
).
Big Buz !

O live R


















Ah! je croyais que c'était The Cult Sonic Temple mais c'est pas grave j'adore Sonic Youth mais j'ai pas encore... read more
on Sonic Temple !