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Fantastic'arts 16eme - the director's cut
Renaissance d'un blog gelé depuis quelques mois, par manque de temps, et avouons-le aussi par fainéantise.
S'il me fallait un évènement pour remettre le pied à l' encrier, le voici à point nommé : notre retour en terre Vosgienne, pèlerinage annuel dans l'antre du cultissime festival de Gérardmer, qui souffle cette année sa 16eme bougie; cela méritait bien une renaissance de mort-vivant, dans la neige et le sang !
En direct Live de Fantastic'arts donc, pour tenter de livrer mes quelques impressions à chaud, en petites phrases et en photos :
JOUR 1
Le lac de Gérardmer, lugubre image d'epinal et cadre emblématique du festival; toujours aussi beau et inquiètant à la tombée de la nuit.
Des vitrines très hostiles ... C'est pour mieux vous lécher mon enfant !
Un jury qui aligne quelques belles figures pour sa cérémonie d'ouverture : Jaume Balaguero (multi-primé du festival et nouveau pape de l'horreur transalpine), mais aussi Fabrice Du Weltz et Benoit Debie (réal et chef op' de talent !).
Pour le reste, la jeune et l'ancienne garde d'actrices/acteurs français venus justifier le déplacement d'un certain public, pas forcément cinéphile extraverti.
THE BURROWERS (de J.T. Petty)
Le film qui ouvrit le bal ne fut pas des plus enthousiasmant par contre.
Malgré une très belle photo et un casting plutôt solide (essentiellement issu du petit écran), ce western matiné de fantastique s'avérait assez avare en séquences chocs, et finalement plutôt inoffensif au regard de son pitch troublant, narrant les déboires d'un groupe de fermiers dans le Dakota du far west, parti à la recherche d'une fille disparue, et confronté à une force surnaturelle les kidnappant un à un.
Conçu à l'origine comme une mini-série de 7 épisodes, finalement budgété pour le grand écran, ce long, trop long-métrage, cache mal ses carences scénaritiques ainsi que ses problèmes de réécriture; trop décousu pour être hâletant, il finit même par lasser dés la 2nd bobine et ce n'est pas son final bâclé qui viendra relever le niveau.
Manifestement, le réalisateur semble peu s'impliquer dans la charge supposée fantastique de son métrage, trop occupé à livrer un pseudo remake de 'La Prisonnière du désert' (l'hommage insistant à John Ford lorgnant mêle vers la copie calque).Du coup il passe à côté de son sujet et nous à côté de son film ...Comme disait l'autre : au suivant !
JOUR 2
Tombé du lit et propulsé dans la grande salle par un froid glacial (pour preuve, on pouvait faire du patinage sur le lac ce matin), c'est par une ironie du hasard que notre premier film de la journée se titrait 'Sauna'.
SAUNA (de Aj Annila)
Que dire de ce premier film de la sélection qui vient du froid (on en compte une floppée cette année, dont le très attendu 'Morse').
Et bien tout d'abord, une histoire plutôt originale, qui tient même de la résurrection, à en croire les propos de son réalisateur venu l'introduire (le pitch originel, gribouillé par les produteurs, lorgnait apparement plus du côté slasher basique et sans ambition).
Ici le cadre et l' époque nous isolent déjà plus dans un étrange huis-clos ibérique :1595, la guerre qui opposait Russes et Finlandais vient de prendre fin. 2 frères aux caractères antinomiques font partis d'une commission qui a pour but de pénétrer dans des territoires encore inexplorés afin de délimiter les nouvelles frontières entre les 2 pays. En chemin, ils causent la mort d'une jeune russe. Un des frères, rongé par le remord, est alors hanté par le fantôme de la jeune fille. Arrivés dans un village qui n'apparaît sur aucune carte, situé au coeur d'un immense marécage, ils découvrent un sauna immergé, refuge inquiétant et envoutant, où les villageois disent pouvoir laver tous leurs pêchers.
Derrière une photographie somptueuse et des décors au charme crépusculaire, se dévoile un film à la froideur et au sens quasi hermétique.La notion de frontière semble ici s'ouvrir sur un concept bien plus métaphysique, qui diviserait l'âme humaine entre la culpabilité et la recherche de la rédemption, mais tout cela reste vraiment très flou, ébauché par des dialogues énigmatiques et noyé dans un surresthétisme tape à l'oeil.'Sauna' s'avère au final être un film beau mais désincarné, dommage, car avec un tel traitement visuel, on voudrait l'aimer très fort.
GRACE (de Paul Solet)
Peut-être moins léché, mais beaucoup plus habité, le premier film du réal-réac' Paul Solet aura eu le mérite de bien secouer le coeur des festivaliers.Porté par une mise en scène naturaliste et un sujet pour le moins délicat (une femme enceinte veut accoucher malgré la mort de l'enfant), ce film choc sera parvenu à sa fin (électrique) en justifiant ses moyens : une escalade crescendo vers l'horreur pure, trimbalant progressivement le spectateur de l' étonnement à l' éffarement, pour l' amener jusqu'à l' écoeurement.Pari en parties réussi donc,même si le métrage laisse un arrière goût d'inachevé (on attendait un final sans doute plus radical et peut être aussi un traitement plus audacieux), le malaise est quand même tel qu'on ne peut que saluer le résultat (surtout pour un premier effort).Une bonne série B qui s'assume, au delà de ses petits moyens, c'est déjà beaucoup pour des fans de genre en mal de sensations gore.
Le pavé dans la mare : THE LOST (de Chris Siverston)
Premier film coup de poing de ce festival, un ovni filmique présenté hors de la compétition.
Automne 70 (on le suppose) un groupe de adolescents s’échaude à la l’ alcool et autres substance illicites dans le petit bois d'une banlieue américaine. A la tête de ce groupe Ray Pye, un jeune à l'allure rebelle et au caractère très instable. La soirée dégénère bientôt, et Ray, armé d'un fusils, tire sur deux adolescentes avec un cruel aplomb. Rapidement, Ray établit alors un pacte avec ses témoins de forfait, pour qu'aucun d'eux ne révèle les atrocités commises ce soir là. Quatre ans plus tard, les soupçons circulent toujours autour du chef de bande.
Précédé d'une incroyable réputation (véhiculée essentiellement par tous les fanzines et webzines de genre), The Lost avait déjà de quoi faire saliver sur le papier.Lucky McKee (May) annoncé à la production et avoué co-réalisateur de certaines séquences, adapté d'un sulfureux roman de Jack Ketchum (le nouveau Stephen King) et surtout un rapprochement ouvert dans sa note d'intention au cinéma hardcore des 70ies (Straw dogs, Orange mécanique et Taxi Driver en ligne de mire), on attentait donc furieusement de voir ce que ce teen-flick mordant et déviant allait donner sur toile.Le résultat s'avère scotchant ! Superbement écrit (les lignes de dialogues sentent l'influence croisée de McKee et Tarantino à pleines narines) et diaboliquement monté (certaines scènes sont des bijoux de mise en scène), le film (clairement sous influence et sous acide aussi) de Siverston vaut surtout pour son charismatique personnage principal, incroyable Marc Senter (une révélation) à mi chemin entre Brian Molko (pour le look) et Joachim Phoenix (version pitbull, pour le jeu).Ultra violent mais brillamment décadant, cet inédit est une petite perle coupante montée sur peloche.La B.O. feaky-sixties de Kaada parachève l’atmosphère sulfureuse de ce directo vidéo bien secoué : Ipecac rules !
